Histoire racontée #3

Notre animatrice Tatiana prête sa voix pour donner vie au texte co-écrit par Sandra, membre de notre atelier d’écriture, et Calista, dans le cadre de notre deuxième défi d’écriture sur le thème « les trésors enfouis de la maison » ✍️.

Merci à elles et bonne écoute ! 👂😃

 

👉 Écouter aussi : Histoire racontée #1 et Histoire racontée #2.

👉 Lire le texte de Sandra et Calista ainsi que l’ensemble du corpus de textes du défi #2.

👉 À découvrir aussi : les contributions au défi #1défi #3 / défi #4 / défi #5.

Défi d’écriture #5 : les contributions

Rappel du thème du Défi #5 : « Et si moi, j’appelais ».

Il s’agissait d’explorer la forme épistolaire en rédigeant une lettre (ou une lettre sous la forme d’un poème) commençant par « Et si moi, j’appelais », comme au début du poème de Louis Aragon.

Nous remercions les personnes qui nous ont transmis leur contribution et vous souhaitons une bonne lecture !

Découvrez aussi les contributions au défi #1 – « Terre du futur », au défi #2 – « Les trésors enfouis de la maison », au défi #3  « Vue d’en Haut / Vue d’en Bas » et au défi #4 – « Bonheur conjugal ».

« Et si moi, j’appelais »

L’amour

Et si moi, j’appelais le nectar sucré de ta bouche

La perle suée qui tombe sur ta couche

Et qui en redemande encore et encore

Pour larmoyer sur un demain plus fort

Et le nom que tu as et celui que tu donnes

Au plus profond de moi résonne

A bout de rêves, de soupirs et d’espoirs

Ce lancinant souvenir d’un jour te revoir

Le frémissement subtil de ton corps ondulant

Sur un tempo fragile qui bascule lentement

Vers la jouissance profonde de ta gorge déployée

Qui résonne d’une tonalité émerveillée

Sur ta bouche entre-ouverte et tes yeux mi-clos

Le gémissement sonore qui couvre le verbe haut

Les cheveux en bataille de ce sprint haletant

Couru sans destination ni notion de temps

Je ne cesserai d’en redemander

Et si toi, tu m’appelais …

Sandra R.

 

 

Et si moi j’appelais ?

Et si moi à nouveau je la relançais ?

J’attends bêtement de ses nouvelles.

J’attends qu’elle me montre que je compte pour elle, du fond de ma détresse de petite sœur, qui croit toujours aussi naïvement, que les grandes sœurs sont naturellement protectrices et aimantes.

Je le sens, pourtant, que je l’incommode, avec mes idées de famille et de fratrie.

Et si moi je l’appelais ?

Elle donnerait le change. Bavarde comme elle est, elle me réjouirait de mille anecdotes, ses enfants, petits-enfants, la blague du petit dernier, sa fierté de grand-mère, sa santé, son homme et ses bobos de retraité actif et entreprenant, son jardin.

Puis elle m’écouterait, à son tour. Toutes les péripéties d’un quotidien bousculé par trois mois d’un confinement compliqué, le bac de mon fils, l’appartement de ma fille, mes inquiétudes, mon incapacité à survoler les choses, le nez dans le guidon, toujours un peu à vif.

Elle prêterait l’oreille, commenterait, elle ne peut pas tenir sa langue.

Mais jamais, non jamais, je ne sentirais son réel intérêt, ou, espoir fou, son empathie.

Si moi je l’appelai, je me sentirais encore de trop, une obligation à satisfaire, la plus jeune de ses sœurs, pourtant déjà un peu vieille, trop entière, outrancière, à mi-chemin entre elle, sage, stable, immuablement volubile, petite abeille laborieuse, dont le bourdonnement léger de la conversation ne semble là que pour occuper tout l’espace et faire taire l’essentiel. A mi-chemin, disais-je, entre elle et les trois autres spécimens féminins de notre famille : notre mère, ma grande dame, notre plaie, notre croix, et ma chance la plus intime, mais totalement folle, névrosée, psychotique, nos deux autres sœurs, presque aussi barrées, adorées, infernales, qui ont trainé leur mal être toute leur vie, ou qui le portent encore, et qui te l’ont crié, à l’oreille du silence de ton cœur. Trop embarrassée par tant de démonstration d’un malheur que tu sembles avoir renié, nettoyé, oublié, enfermé dans je ne sais quel recoin, afin de continuer à battre ?

Je te le dis, ma sœur, je ne t’appelle que lorsque j’ai le courage de tricher, pire de taire toute la colère qui couve en moi, pour arriver à ne pas te dire que je n’ai pas compris que tu n’aies pas filé la voir, lorsque tu as senti qu’elle allait si mal, que j’aurai aimé pleurer avec toi aux enterrements, que j’aurais aimé, bas les masques, que tu m’ouvres ton âme, dans l’excès, oui, pour te consoler, pour te sentir enfin ma sœur. Et plus jamais celle qui se protège, mais semble nous juger, nous, les foldingues de la famille, les impossibles à endiguer, qui inondent et saccagent, ou celles, moindre mal, mais mal quand même, qui arrivent vaille que vaille, à force d’entraves, à maîtriser leurs délires les plus funestes, mais s’autorisent quelques débordements, parlent un peu haut, un peu fort, un peu trop des choses qui font mal, persuadées que leur simple existence suffit à justifier qu’il faille en parler.

Je te le dis ma sœur, si tu es malade depuis toutes ces années, de l’un de ces maux sournois, qui ne t’empêche pas totalement de vivre, mais qui ronge les os, te cloue sur ta chaise, dans ton lit lorsque ses attaques sont plus rudes, qui t’empêche de marcher, de saisir les objets, toi l’infatigable travailleuse, ce mal que tu soignes sans relâche pour qu’il ne te paralyse pas totalement, c’est parce que peut-être, tu ne sais pas hurler de désespoir ? Le malheur a brûlé tout un pan de ton cœur, tu l’as amputé, tu ne devais pas avoir le choix, mais il en reste une dure froideur en toi.

Je te dirai aussi, un jour, peut-être, que parmi tous les modèles féminins que vous m’avez offerts, le tien à constitué mon plus sérieux espoir. L’apparence d’une « normalité » était envisageable et tenable à long terme, se réfugier dans le banal, ne pas faire de vague, laisser l’océan rugir à sa porte bien fermée, et des bateaux couler, des marins se noyer, et s’assoir autour d’un bon feu. Laisser les porteurs de malheur sur le seuil. C’est ce qui m’a aidé à oser construire ma vie, ma famille. C’est énorme, ça ! Il faut que je t’en remercie, un jour ? Mais comment te le dire, sans te parler du reste ? Parce que moi, le malheur, je le laisse entrer pour tenter de l’amadouer, douce folie.

Ma sœur, je leur ressemble aussi, à nos trois « trub-lionnes ». Je me suis construite et nourrie à leurs fragilités, à leur humanité trop brute, destructrice, vulnérable, fortes de leur sensibilité sur-expressive et maladive, qui te dérange tant que tu n’oses en parler. Ton babillage-habillage comme truchement de tes angoisses ? Je souffre d’être ainsi, n’en suis pas satisfaite, je préfère ta solution, au moins parce qu’elle ménage les autres, mais je ne peux m’empêcher d’exprimer tout, clairement, ouvertement, parfois crûment, et tant pis si je ne suis pas toujours comprise. C’est ma façon de dompter mes démons, de faire mon ménage, valse-hésitation, encore, entre des solutions extrêmes. Je n’ai pas trouvé mieux pour vous garder toutes en moi.

Isabelle D.C.

 

 

Et si moi j’appelais ?

Mon cher ami, je t’écris cette lettre, car je t’appelle depuis des semaines. Ma voix n’a pas dû t’atteindre, ma bouche ne s’est pas ouverte, mais mon âme t’a parlée sans que tu ne le saches. On s’est connus au le lycée, on s’est séparés par nos choix si différents et puis, on s’est retrouvés à ce café parce qu’un de tes amis connaissait un ami à moi et on s’est retrouvés tout cons car on ne s’était pas parlés depuis quatre ans. Je ne t’avais pas donné mon numéro de téléphone, faute de quoi, je t’écrivais des lettres pour prendre de tes nouvelles. Je n’ai jamais été très bonne avec les mots, mais écrire m’a donné une autre voix que tu ne pouvais pas entendre. J’ai appris de toi que tu avais une colocataire un peu trop curieuse et elle ne t’avait jamais donné mes lettres, jusqu’à ce que tu les trouves en faisant le tri dans vos tiroirs. Tu étais si furieux contre elle que tu l’as jetée dehors. J’ai ainsi compris pourquoi tu ne m’avais plus répondu depuis quatre ans à t’écrire et ça m’a fait soulever un poids de mes épaules, tu ne peux imaginer à quel point il était lourd ce poids. Tu me connais, je me reporte toujours la faute sur moi, alors que je n’ai rien fait de mal. Après le café, tu m’as laissé ton numéro de téléphone. Au début, je t’écrivais seulement par SMS et tu me répondais en retour, ça me suffisait, et un jour, tu m’as appelé. Ce jour-là, j’étais en train de travailler à la parfumerie où je suis apprentie. Je n’avais pas reconnu ta voix, elle me paraissait grave et si lointaine à la fois et je t’ai raccroché au nez, prétextant que je ne me sentais pas bien, je sais, c’est une excuse pitoyable et j’aimerais bien que tu me pardonnes. En vérité, je n’ai jamais vraiment aimé parler à quelqu’un par téléphone. Ça me rend nerveuse, non pas à cause de la voix que je ne reconnais pas, mais parce que tu n’es pas devant moi, je veux dire à discuter en personne. En chair et en os. Au lieu de se retrouver comme on le faisait, je me retrouve à parler dans un truc en plastique qui me donne envie de le fracasser contre le mur. Comme tu peux le constater, je suis retournée à la lettre en papier et je ne peux pas te dire à quel point je me sens moi-même quand je t’écris ces lettres. Pour les SMS, c’est sûr que ça ne coûte pas un rond, mais, comme mon ex me harcèle tous les jours pour savoir ce que je ressens pour lui alors qu’il a une nouvelle copine, ça me rend les nerfs en coton et je me retrouve à t’en parler alors que tu n’as rien à voir avec cette affaire. Crois-moi, j’avais vraiment besoin d’en parler à quelqu’un en qui j’ai confiance, un bon ami comme toi qui me donne de bons conseils et qui me réconforte lorsque je ne me sens pas bien et je te remercie pour tout ce temps que tu as passé à t’occuper de mon humeur qui changeait de jour en jour. C’est pourquoi je vais faire des efforts et te rappeler un jour ou l’autre, donc, ce que tu lis est sûrement la dernière lettre que je t’envoie. Je me demande encore si tu as gardé ces vieilles lettres que je t’envoyais par la Poste, moi, j’ai gardé les tiennes dans une boite à trésors et je les relis souvent. Si je pouvais t’appeler, je te demanderais si tu voudrais bien aller au cinéma avec moi, ils repassent la version finale de Blade Runner. Tu vois ? Je me souviens toujours de ton film préféré et aussi des popcorns salés que tu m’offrais quand on séchait les cours pour aller au cinéma. Faut dire qu’on était jeunes et cons, mais je ne regrette pas de notre jeunesse et de t’avoir retrouvé quatre ans après. Je t’appellerais lundi pour avoir ta réponse.

Je t’embrasse, Chloé.

Camille V.

« L’aparté vous chuchote » – Juillet 2020

NEWSLETTER

[L’aparté vous chuchote…]

* | Juillet 2020 | *

Retour sur le mois de juin pour L’aparté

La deuxième phase de déconfinement début juin nous a permis de terminer les auditions-rencontres pour le Festeenval 2020. La dernière troupe candidate a accueilli le jury de sélection pour présenter sa pièce (photo 1). Maintenant, place aux délibérations ! Nous vous annoncerons la programmation dans la prochaine newsletter.

A la fin du mois, nous avons également tenu les ateliers de clôture en plein air, au pied du Pavillon de chasse du Roi René. De chouettes moments théâtraux qui ont permis de dire au revoir à tous les groupes.
Désormais, les pré-inscriptions sont ouvertes (voir informations plus bas).

Bel été à tous et à toutes !

** Nous serons en congés du vendredi 31 juillet au mardi 18 août inclus.**

Les rdv artistiques de cet été

Alors que la première session commence dès lundi, trois autres stages sont prévus dans l’été pour les enfants et pré-ados ainsi que des ateliers créatifs ponctuels.
Petit rappel du programme :

Il reste des places, n’hésitez pas à nous contacter.

Ouverture des inscriptions et réinscriptions.

Les réinscriptions pour les ateliers Théâtre et Ecriture sont ouvertes pour les adhérents actuels !

Ils ont jusqu’au 14 juillet inclus pour nous faire savoir par mail ou téléphone s’ils souhaitent conserver leur place dans l’atelier.

Au-delà de cette date, les inscriptions seront ouvertes à tous comprenant la séance d’essai gratuite.

La clôture des inscriptions définitives sera le 27 septembre 2020.

Les réinscriptions sont possibles dès maintenant. Nous vous invitons à consulter notre site internet en cliquant sur le lien suivant pour connaître les modalités.
Si à l’issue de la séance d’essai vous ne voulez pas poursuivre, soyez assuré(e) que nous vous rembourserons la totalité de l’inscription.

A noter :
– cette année, nous faisons évoluer les âges des groupes Enfants en même temps que les enfants pour que cela soit plus simple pour les parents. Cela signifie que, sauf contre-indication, l’atelier aura lieu le même jour au même horaire que l’année écoulée.
– seuls les ateliers du lundi changeront d’animatrice.
– un nouveau Théâtre Adultes Niveau 1 sera créé le jeudi de 19h à 20h30 (animateur en attente de confirmation).
– l’atelier d’Ecriture Adultes évolue, on vous en parle dans la prochaine newsletter.

Service civique

La mission de Manon arrivant à son terme et avec le report de nos 2 grands événements à l’automne (Festeenval + Chasse au trésor), nous recherchons dès maintenant un(e) jeune pour la remplacer et poursuivre avec brio le super travail qu’elle a commencé.

Début de la mission : septembre 2020 ! Entretiens la semaine du 20 juillet.

N’hésitez pas à partager l’annonce autour de vous !

Le défi d’Ecriture #5

Nous terminons notre cycle de défis d’écriture lancé pendant le confinement avec la complicité de Lydia, notre animatrice Ecriture.

Pour ce 5ème et dernier épisode, nous vous proposons d’explorer la forme épistolaire à travers le thème « Et si moi, j’appelais »(cliquez sur le lien pour découvrir les consignes de ce nouveau défi).

Retrouvez les précédents défis et leurs contributions sur notre site internet : Défi #1 – Terre du futur ; Défi #2 – Les trésors enfouis de la maison ; Défi #3 – « Vue d’en Haut / Vue d’en Bas » ; Défi #4 – « Bonheur conjugal ».

N’hésitez pas à nous envoyer vos textes pour toujours plus de partages et d’évasion.

| AGENDA  | 

Les rendez-vous de juillet

STAGE TRIO ARTISTIQUE
Théâtre + Déco Photo + Chansigne
Du lundi 6 au vendredi 10 juillet
De 9h30 à 17h, accueil garderie de 8h30 à 9h30
Gardanne
Plus d’infos ici.

 

STAGE DUO ARTISTIQUE
Théâtre + Arts plastiques
Du mercredi 15 au vendredi 17 juillet
De 9h30 à 17h, accueil garderie de 8h30 à 9h30
Gardanne
Plus d’infos ici.

A noter en août

STAGE DUO ARTISTIQUE
Théâtre + Arts créatifs
Du mercredi 19 au vendredi 21 août
De 9h30 à 17h, accueil garderie de 8h30 à 9h30
Gardanne
Plus d’infos ici.

 

STAGE TRIO ARTISTIQUE
Théâtre + Aquarelle + Récup’Art
Du lundi 24 au vendredi 28 août
De 9h30 à 17h, accueil garderie de 8h30 à 9h30
Gardanne
Plus d’infos ici.

Et à noter en septembre

FORUM DES ASSOCIATIONS
En attente de la date
Gardanne

 

REPRISE DES ATELIERS
Semaine du 14 septembre (sous réserve de modification)
selon le planning défini.
Gardanne

Restons en contact !

Notre site internet :
www.associationlaparte.com

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Prochaine newsletter début août !