Défi d’écriture #4 : les contributions

Le thème du Défi #4 : « Bonheur conjugal ».

Il s’agissait d’explorer l’écriture théâtrale en écrivant une scène conjugale de la vie d’un couple à travers le prisme d’un concept choisi dans le lexique du Bonheur.

Il fallait dans un premier temps planter le décors et placer deux acteurs sans les faire parler. Puis la consigne était de décomposer la pièce en deux actes distincts : le premier sous la forme d’un dialogue entre les deux protagonistes ; le second mettant en scène un monologue déclamé par l’un des deux personnages, seul sur scène.

Il était très important d’intégrer des didascalies, des voix off, … et surtout de titrer la pièce !

Nous remercions chaleureusement toutes les personnes qui nous ont transmis leur contribution et vous souhaitons une bonne lecture !

Découvrez aussi les contributions au défi #1 – « Terre du futur », au défi #2 – « Les trésors enfouis de la maison » et au défi #3  « Vue d’en Haut / Vue d’en Bas ».

 

« Bonheur conjugal »

 

L’amour sur le fil. L’amour Funambule.

 

Marseille, calanque de Samena.

La terrasse de l’unique restaurant de la calanque surplombe la méditerranée.

Toutes les tables ne sont pas encore occupées.

Début de soirée, c’est l’été.

Douce chaleur. Légère brise.

L’eau est belle, elle scintille sous l’effet des derniers rayons du soleil.

Une ambiance parfaite, un petit coin de paradis.

La femme attend seule à une table.

Elle s’est faite toute jolie. Une petite robe marine avec un décolleté plongeant dans le dos, des escarpins. Sa peau largement dénudée dans les limites de l’élégance a le doré des journées passées à la plage. Ses cheveux, tombant sur les épaules, ondulés châtains aux reflets auburn, encadrent un visage à la bouche généreuse, qu’un bâton de rouge à lèvres a soigneusement teinté d’un rouge carmin.

Elle s’occupe avec son téléphone, jette un œil à la carte, regarde autour d’elle.

Le serveur est déjà passé 3 fois pour lui proposer de commander un verre. Elle a refusé à chaque fois.

Son RDV est en retard. Elle prend sur elle pour ne pas trop s’agacer, elle ne veut pas qu’ils ratent le coucher de soleil.

C’est tout l’intérêt de l’endroit, très isolé.

L’homme arrive, dégoulinant et essoufflé, son casque à la main.

 

Acte 1

LUI : (enjoué) : Ma chérie ! Comme je suis content de te retrouver ! Si tu savais la journée pénible que j’ai passée… (il s’installe en face d’elle après l’avoir embrassé).

ELLE (visiblement agacée mais tentant d’esquisser un sourire de bienvenue) : … Ah ?

LUI (un peu refroidi, reprenant son souffle) : attend j’ai besoin d’un verre d’eau bien frais. Garçon ? S’il vous plaît ? (il fait un signe, le serveur se rapproche de la table). Un verre d’eau bien glacée c’est possible ?

LE SERVEUR (amusé) : je m’en occupe Monsieur. Vous me rassurez, Madame est là depuis une heure, et elle m’a refusé même un verre d’eau. Vous n’êtes pas du signe chameau vous au moins.

ELLE (elle regarde le serveur médusé, lui jette un regard glacial et chuchote les dents serrées) : oh je sens qu’il va me plaire lui…

LUI (souriant, tentant d’éclaircir l’ambiance) : le principal est que je sois là, que nous soyons ensemble et …

ELLE (le coupe) : tu peux te pousser un peu, je ne vois pas le soleil se coucher. Merci.

(il se décale visiblement surpris) (le serveur arrive, dépose le verre d’eau et se place juste devant le coucher de soleil).

LE SERVEUR (très amusé) : toujours pas de verre d’eau pour madame ?

ELLE (cette fois furieuse) : c’est une blague ?? Vous avez décidé de tous m’emmerder aujourd’hui ? (au serveur) Auriez-vous l’amabilité de vous déplacer (le ton monte sur la fin de la phrase) afin que je vois ce putain de coucher de soleil ? (le serveur s’exécute, sourit à LUI, d’un sourire complice) (toutes les tables se retournent) (elle plonge dans son téléphone gênée et furieuse) (le serveur s’éloigne vers une autre table)

LUI (tentant de nouveau d’éclaircir l’atmosphère, après avoir descendu le verre d’eau) : ma chérie ! Premièrement, désolé pour mon retard, mais il faut que je te raconte. Et aussi désolé pour les fleurs que je voulais t’offrir. Vraiment je n’avais plus le temps, et j’aurai été encore plus en retard.

ELLE (tentant de trouver une posture convenable) : Ah ? Des fleurs ? Que c’est mignon, mais en quel honneur ?

LUI (commençant à être agacé) : ma chérie… en l’honneur de ton anniversaire, tu as 39 ans aujourd’hui !

ELLE (un peu calmée, un peu aigrie) : ah oui. Dernière année avec un 3 dans l’âge…

LUI (amusé) : ah non, tu as aussi 43, 53, 63… (elle le coupe). 

ELLE (désabusée) : mon chéri ! Tu ne vas pas me faire toutes les tables de multiplication ! (elle se penche légèrement sur le côté) (s’exclame) : Et voilàààààà, j’ai raté le coucher de soleil ! Il est où ce con de serveur que je le remercie !

LUI (un peu inquiet, parle doucement) : Ah, je sens que la soirée va être parfaite…

ELLE (sérieuse) : j’évacue ma colère, c’est mon besoin et après toute rentrera dans l’ordre.

LUI (en attente) : et là, c’est bon ? Parce que j’ai un truc à te raconter.

ELLE (joueuse) : alors oui c’est bon la colère est évacuée mais… j’hésite à attaquer une phase de bouderie… (air songeur) (silence). Non c’est bon, pas de bouderie.

 LUI (content) : cool !

ELLE (curieuse mais sur la défensive) : mon chéri, alors raconte-moi ce qui a bien pu t’arriver aujourd’hui pour … (elle s’arrête)

LUI (maintenant hésitant) : tu ne veux pas qu’on commande d’abord ?

ELLE (désabusée, lui tend la carte) : mon chéri, fais ton choix, en 1 heure j’ai eu le temps d’apprendre la carte part cœur, et de changer d’avis 10 fois, mais là c’est bon, je sais ce que je vais commander.

LUI (un peu percuté) : ah d’accord, très bien… Ecoute je vais prendre comme toi, comme çà je regagne du temps sur mon retard… Ca te va ?

ELLE (amusée) : tu regagnes du temps sur ton retard ? Ok ca me va. J’ai pris des huitres, du homard, et aussi un amuse-geule de caviar. Thème marin en quelque sorte. Ah et aussi une bouteille de Bolinger.

LUI (pensant à l’addition salée qui l’attendait) : je vais prendre un risotto aux asperges, c’est très bien çà (il appelle le serveur, elle se lève, pour aller aux toilettes).

ELLE : je reviens, tu me racontes après ?

LUI (visiblement très gêné) : oui oui, prends ton temps.

LE SERVEUR (arrive pour prendre la commande) : oui Monsieur, que désirez-vous ?

LUI : 2 risottos aux asperges et une bouteille de chardonnay.

LE SERVEUR (note) : très bien Monsieur.

LUI (complice) : si Madame s’étonne de la commande, vous lui direz que vous n’aviez plus d’huitres, ni homard, ni caviar, ni champagne. Juste des risottos. Vous n’avez rien d’autres.

LE SERVEUR (compréhensif et intrusif) : très bien Monsieur. Si Monsieur me permet, madame me semble être une belle emmerdeuse. Je les repère de très loin…

LUI (contrarié et agacé) : merci, fort aimable, si j’ai besoin d’un conseil conjugal, promis je vous fais signe. (le serveur s’en va contrarié).

ELLE (revient, moqueuse) : mon chéri ! Je n’avais pas vu ! Tu as mis tes jolis mocassins bleus à gland. Que c’est chou… Tu sais o combien je les déteste, mais tu vois ca me fait rire !

LUI (doutant) : ma chérie ? On arrête ? Franchement…

ELLE (raisonnable, vrai sourire appuyé) : tu as raison, c’est tout nul. D’ailleurs je voulais te dire que je te trouve très beau, et je suis sincère, bon à part en bas… (elle montre ses pieds).

LUI (enlève ses mocassins) : c’est mieux ?

ELLE (très souriante) : parfait ! Alors l’histoire !!

LUI (un peu tendu, l’ambiance n’étant plus exactement celle souhaitée) : tu sais, je devais divorcer aujourd’hui…

ELLE (intriguée) : ah, et ?

LUI (confus) : elle n’est pas venue au tribunal… et impossible de la joindre. Du coup…

ELLE (sincèrement désolé, le coupe) : mon pauvre chéri, ne t’inquiète pas, çà m’ennuie moins que ton retard, que d’avoir raté le coucher de soleil, et tes mocassins bleus. Ca te va !

LUI (ennuyé et surpris) : oui mais notre mariage ??

ELLE (amusée) : reporté aux calanques grecques ! Après tout, ca fait 10 ans que tu essaies de divorcer, on n’en n’est plus à une dizaine d’années près…

LUI (franchement surpris) : tu sais je t’aime, je t’aime (il lui touche le visage avec douceur et amour) et je suis désolé de ce contretemps, de ces promesses que je ne tiens pas depuis si longtemps.

ELLE (rassurante) : je crois en ton amour et je t’aime aussi

(le serveur, plus discret, arrive avec les risottos et la bouteille de Chardonnay).

LUI (sincèrement) : j’ai changé la commande parce que… (elle le coupe).

ELLE (amoureusement) : chut mon chéri, trinquons à mon anniversaire !

 

Acte 2

ELLE (songeuse en rentrant chez elle) :

Voici une soirée bien chaotique ! Ce n’est pas la première et ce ne sera pas la dernière…

Il est arrivé dans de bien mauvaises conditions.

Il a essayé de gérer la situation tant bien que mal.

J’ai surexagéré des détails et minimisé l’essentiel.

J’ai parfois cette envie de jouer les emmerdeuses d’un jour, je ne sais pas trop pourquoi. Le jeu peut-être. Certainement. Oui c’est çà, car l’amour est aussi un jeu.

Etre insaisissable, pour qu’il est envie de me saisir, toujours et encore. Que je ne sois jamais totalement conquise…

Nous sommes encore deux êtres encore un peu sauvages, nous cherchons toujours à nous apprivoiser.

Et j’ai besoin de rire aussi, de me moquer, parce que l’amour doit être à la fois charnel et spirituel.

S’il n’y avait pas eu cet abruti de serveur prêt à tout mettre par terre. Quel idiot celui-là ! Je l’ai bien senti dès le début à me tourner autour, pour me proposer un café, puis un thé, puis carrément une coupe de champagne. Cadeau de bienvenue il a dit ! Tu parles, il plaçait ses billes. Et si jamais personne n’était finalement venu, il m’aurait glissé son 06. Je les repère de loin ces gars-là. J’ai le flair pour çà. Et une fois l’amoureux arrivé, changement de stratégie, pour bien brouiller les pistes. Il s’est alors fait complice.

Ceci dit, il a raison de tenter sa chance. Sur le nombre de tables et de déjeuners et dîners servius, il doit bien y avoir quelques fois des âmes esseulées que le bougre d’opportuniste saurait réconforté…

Oublions-le ce stupide serveur !

Je l’aime. Il m’aime. Nous nous aimons. Tout est sincère et vrai et c’est bien là l’essentiel.

C’est pourquoi je lui pardonne, il me pardonne et nous nous pardonnons.

Rideau – Fin.

Armelle L.

 

Le triangle.

 

Acte 1

La scène s’allume doucement, la nuit vient de tomber, deux jeunes hommes sont assis face à face à une table dans le salon. Le plus âgé s’appelle David, il porte une chemise et un pantalon, fumant sa cigarette tout en parlant dans son téléphone. Le plus jeune se prénomme Aurélien, il porte un jean et des baskets, il regarde son ami tout en se tenant la tête d’ennui. Le disque qui diffuse Roy Ayers dans le fond de la scène se termine et Aurélien se lève de sa chaise pour l’arrêter, quand il revient s’asseoir, les deux jeunes hommes se regardent, ne sachant quoi faire.

David (parlant au téléphone) : Oui, je vois… J’irais te voir demain à l’hôpital… Non, ne t’en fais pas, Carole, tu repasseras ton partiel une autre fois… Aurélien ? Il est juste en face de moi, tu veux lui parler ?

Aurélien (chuchotant) : Je suis déjà allé la voir aujourd’hui.

David : Ah oui, c’est vrai qu’il est venu te voir ! Mon bouquet de roses te plait ? Super… Il faut que tu te reposes, je viendrais te voir, promis… Hein ? Oui, je t’aime aussi, je t’embrasse, bisous. (Il raccroche le téléphone) J’ai cru que ça n’allait jamais se finir.

Aurélien : Alors ? Est-ce qu’elle va mieux ? Elle a dû avoir un sacré choc.

David : Tu connais Carole, même avec une jambe cassée, elle viendrait faire les partiels.

Aurélien : Tout de même, ce n’était pas de sa faute… Ils l’ont dit, tu sais ? Le conducteur ne regardait pas la route. Il faudrait interdire les téléphones au volant, il y a déjà assez de victimes comme ça.

David : C’est sûr que c’est dangereux, l’université est tout près de la route et, comme on habite en plein dans la ville, il y en a des fois qui font n’importe quoi. Bon, oublions ça, comment s’est passé ta journée ?

Aurélien : Comme d’habitude. Tu sais comment c’est aux Beaux-Arts, toujours des étudiants qui se la pètent, toujours des profs mécontents… Enfin, comme on dit, tu connais la chanson…

David : Ils sont toujours aussi chiants, je sais. Je suis encore étudiant en littérature et ils nous en font voir de toutes les couleurs (il éteint sa cigarette). J’ai juste hâte de quitter l’université.

Aurélien tient la main de David, leurs doigts s’entrelacent avant qu’ils ne s’embrassent. Une fois leur baiser terminé, ils se rassoient mais leurs mains ne se lâchent pas.

Aurélien : Tu ne veux toujours pas la quitter ?

David : Je ne le pourrais pas, j’aime Carole, on est ensemble depuis le lycée.

Aurélien : Tu m’aimes toujours, non ? Si tu crois que c’était une erreur qu’on couche ensemble, eh bien tu te trompes. Je t’aime, vraiment, j’ai envie d’être avec toi. C’est ce que tu désires aussi, je me trompe ?

David : J’aimerais bien, Aurélien, mais je ne peux pas. Ce n’est pas toi, c’est moi le problème. J’adore Carole, mais je t’aime aussi. Le fait qu’on s’est aimé jusqu’à ne faire plus qu’un, ça m’a rendu très heureux et tu as été heureux aussi. Je ne sais pas ce qui m’arrive, je n’arrive pas à me décider entre toi et Carole.

Aurélien : Ah ça, David, tu es en train de vivre un triangle amoureux.

David : Un triangle amoureux ? Tu peux m’expliquer, s’il te plaît ?

Aurélien : Imagine un triangle dont tu es le sommet, Carole t’aime, je t’aime, tu m’aimes et tu aimes Carole et Carole m’aime en retour, mais juste en tant que meilleur ami. C’est assez réciproque, mais c’est un bon schéma. On peut trouver un truc pour que ça marche entre nous deux. Et puis, peut-être qu’elle acceptera notre relation…

David : C’est compliqué.

Aurélien : Qu’est-ce qui est compliqué ?

David : L’amour.

Aurélien : Tu es peut-être bisexuel… Ne le prends pas mal, c’est mon opinion.

David (riant) : C’est peut-être vrai.

David sourit à Aurélien et l’embrasse à son tour. Dehors, la pluie se met à tomber. David ferme la fenêtre du balcon plein de fleurs et prend Aurélien par la main et les deux jeunes hommes disparaissent de la scène, main dans la main.

Rideau – Fin de l’acte 1

 

Acte 2

Carole arrive sur scène, habillée d’une jolie robe blanche, elle s’assoit sur une chaise. Ses mains s’entrelacent comme une prière. Elle regarde le public avec un sourire triste.

Carole (soupirant) : J’aimerais bien vous parler de tant de choses, mais le temps court toujours. C’est pourquoi j’aimerais vous parler de mon seul amour, David. Quand on s’est rencontrés au lycée, il était déjà considéré comme le mec avec qui il fallait absolument coucher, j’étais déjà très amoureuse de lui, mais sa beauté ne me laissait jamais s’approcher de lui. Un jour, c’est lui qui est venu vers moi et qui m’a proposé de sortir avec lui. On a fait tellement de choses ensemble, le premier cinéma, le premier rendez-vous, le premier baiser… (Elle soupire à nouveau) Depuis, on ne se quitte plus. On a suivi ensemble les mêmes cours, on était ensemble pendant les épreuves du Bac, on a célébré quand on a appris qu’on pouvait aller dans l’université de notre choix et on a été à la même université, ensemble. Toujours à partager nos petits secrets, nos baisers, la chaleur de nos corps entrelacés… Tout cela vous ne les connaitrez jamais, mais moi, je m’en rappellerais de ces petits moments, même s’ils sont inutiles. Et puis, ses parents lui avaient dégoté un appartement pour que David soit plus responsable et plus indépendant. C’est un endroit plutôt cool, il y a des disques qu’on écoute dans le salon, il a une grande chambre et un balcon plein de fleurs. Je suis déjà venue plusieurs fois, mais je ne viens que quand il le veut. Depuis que David et moi on est à l’université, on s’est fait toutes sortes d’amis. Ça a été vraiment quelque chose quand Aurélien est arrivé dans nos vies. Un étudiant tout jeune, on a deux ans de plus que lui, habillé toujours à la mode avec ses jolis cheveux roux et ses boucles d’oreilles. Il était très beau lui aussi, mais d’une différente manière, comme s’il avait lui-même sa propre définition de la beauté, on aurait même dit qu’il était trop beau pour exister. Je ne l’avais pas vu, mais David avait rougi, et cela à chacune de ses venues. J’y pensais quand j’étais sur mon vélo. Pourquoi David et Aurélien rougissaient-t-ils quand ils se voyaient ? Ils étaient toujours fourrés ensemble, avec moi, nous étions le meilleur groupe d’amis de toute l’université. Les jeunes nous jalousaient et, en même temps, se demandaient comment faire pour être aussi proche l’un de l’autre. Je l’ai compris au moment où le camion allait me renverser. J’ai compris pourquoi on ne se voyait plus que trois fois par semaine, j’ai compris pourquoi Aurélien et David allaient à la bibliothèque main dans la main, j’ai compris mon amour-propre déborder jusqu’à les étouffer tous les deux. C’est de ma faute tout ça. Ma faute d’avoir fermé les yeux, ma faute de lui avoir forcé la main et c’est ma faute aussi si je me suis tenue à un amour qui s’effritait depuis un moment. Je l’aime toujours, je voudrais le quitter pour qu’il soit heureux avec Aurélien, mais je ne peux pas. Je ne pourrais pas mettre fin à cet amour digne d’un bon film romantique où le couple reste ensemble, plus soudé que jamais. J’étais au plus mal quand je l’ai rencontrée à l’université, elle s’appelle Frida, comme Frida Kahlo, mais elle vient d’Italie. C’est une femme comme moi, mais on s’est plu tout de suite. David et Aurélien ne la connaissent pas, parce que je l’ai cachée égoïstement. Après m’avoir invité pour un verre, elle m’avait embrassé, je ne l’avais pas repoussée. Après tout, j’avais le droit de vivre une autre aventure comme David. Au moins, nous étions quittes. Quand nous étions toutes les deux nues dans son lit, j’avais peur de tout révéler à David, mais, avec Frida à mes côtés, j’aurais le courage de tout lui dire. C’est un homme bon, il saurait me pardonner. Même quand j’étais par terre dans la rue, la jambe en sang, j’avais le courage de lui pardonner. Lui pardonner de m’avoir aimée et d’en avoir aimé un autre. Je ne l’ai même pas haï lorsque je les ai vu disparaitre dans les toilettes en train de s’embrasser sans avoir remarqué que je les suivais pour en avoir le cœur net, c’est sûrement là que ça m’a ouvert les yeux. Je ne suis pas triste, je suis si heureuse d’avoir trouvé la force qui va me permettre de pouvoir tout lui dire, tout lui avouer sans aucune méprise car je l’aime encore. Mais il n’est pas bon d’avoir deux amours, alors je ferais ce qu’il faut pour satisfaire notre amour-propre. Qu’il choisisse Aurélien ou moi, ça m’est égal, je veux juste que David soit heureux, c’est tout.

Carole se lève de la chaise, Frida l’attend près du rideau. Les deux femmes se rejoignent, bras-dessus, bras-dessous. Un dernier regard vers le public avant qu’elles ne disparaissent dans les coulisses.

Fermeture du rideau – Fin de l’acte 2

Camille V.

 

Nous vieillirons ensemble, si Dieu veut !

 

Elle a libéré ses longs cheveux blonds qui inondent à présent en larges vagues douces le dossier du canapé en velours parme, pendant qu’il remet des bûches dans la cheminée. Après leur longue marche en raquettes dans la neige, la chaleur du foyer les réconforte, et Pierre est adorable, comme d’habitude, il a fait chauffer de l’eau dans la bouilloire pour sa tisane et lui prépare à présent deux grandes tartines au miel de la montagne. Leur chalet est à présent totalement aménagé, Philippe, le meilleur ami de Pierre les a bien aidé pour la restauration. Dans deux jours, il sera là, avec toute la bande de copains qui débarquent pour le week-end, et dès demain, il faudra aller chercher les enfants à la gare de Chamonix, trop heureux de les retrouver après les quelques jours passés chez Mamie Annette, douce belle maman, qui aura encore à coup sur empli les poches de leur sacs à dos de victuailles appétissantes et savoureuses de son secret. Là, elle regarde Pierre et s’étonne à nouveau de le trouver toujours aussi séduisant et sexy. Il lui décoche son sourire, celui qu’il fait avec sa bouche gourmande, le « THE SOURIRE » qui la fait fondre de l’intérieur, affole une myriade de papillons dans le creux de son ventre, sans même savoir tout le pouvoir qu’il a sur elle juste par son sourire.

« On se fait couler un bain chaud, puis on semasse les pieds, d’accord, après la tisane ?

  • Hum, oui, un bon bain chaud et un massage des pieds, comment fais-tu pour toujours deviner ce qui me ferai le plus plaisir ? »

 

La scène est coupée en deux, deux pièces, cuisine et salon, une porte entre les deux. Ou possibilité de faire coulisser le décor d’une pièce à l’autre, avec la porte au fond entre les deux ? Ou changement de décor entre les deux actes.

 

Acte 1

Elle rentre du travail. La cinquantaine, cheveux blonds cendrés courts, plutôt mince, visage fin et doux, jolie femme, sans effort, mais semble fatiguée. Tenue simple et confortable : jean, chemisier bleu clair, blaser en velours bleu, bottines en daim taupes, petit foulard indien dans les tons bleu et crème serré autour du cou. Elle se débarrasse de sa sacoche d’ordinateur à coté de la porte d’entrée qui donne directement dans le salon, à la décoration moderne, dans des couleurs neutres, où règne un peu de désordre. Les restes d’un petit déjeuner trônent sur la petite table en verre devant le large canapé gris anthracite, à côté d’une canette de coca vide.

Elle se débarrasse de sa veste en l’accrochant au porte manteau de l’entrée, sort son téléphone portable de sa poche de jean arrière, et le branche pour le remettre en charge, ramasse les reliquats du petit déjeuner, un peu contrariée semble-t-il et disparait dans la cuisine.

On entend une voiture s’arrêter, le bruit d’une radio, quelqu’un arrête la radio, une porte qui se referme, des pas sur le gravier, et une clé qui tourne dans la serrure. La porte s’ouvre. L’homme qui entre est grand, cheveux noirs poivre et sel, courts et ondulés, lunettes, jean, parka, sacoche d’ordinateur.

Lui, en se débarrassant de sa parka et de sa sacoche :

LUI – Hello !

Elle sort de la cuisine une éponge d’une main et une feuille de papier de l’autre :

ELLE – Coucou Doudou ! Ça a été aujourd’hui ?

Elle s’approche de lui et l’embrasse brièvement, un smack sur la bouche. N’attends pas sa réponse, lui fait un sourire et lui tourne le dos, pose l’éponge sur la table du salon et commence debout en se retournant vers lui à lire le mot écrit sur la feuille en se retournant à nouveau vers lui resté derrière elle.

ELLE – « Maman, Papa, ce soir je dors chez Lucie. (regards entendus et clin d’œil )J’ai cours à 10h demain, donc, pas la peine de venir ma chercher pour m’amener à la fac, je prendrai le bus. (geste enthousiaste des deux personnages, de concert, mains levées, genre Alléluia) J’ai pris 20 euros dans la boite sur le buffet pour les pizzas avec les copains (regard au ciel des deux personnages). Promis, on ne se couchera pas tard » Ben voyons, ils ne vont pas picoler et fumer !

LUI – Ni même copuler rageusement et brillamment toute la nuit , tel père tel fils ?

ELLE – Vingt ans et déjà chaste en semaine, quelle misère cette nouvelle génération ! reprenant la lecture –« Des bisous à tous les deux ! (elle envoie des bisous à son mari en faisant des mimiques avec sa bouche dans une sorte de ronronnement de satisfaction) Maxou (changement de ton de sa voix, intriguée) « PS : Amandine a appelé, elle m’a dit qu’elle voulait te parler, Maman, elle n’a pas réussi à te joindre, elle n’a rien voulu me dire ? » Point d’interrogation ? Ben qu’est-ce qui arrive encore à Amandine ? (tout en nettoyant la table du salon) C’est pas d’elle de faire des cachotteries à son frérot ? Faut que je consulte ma messagerie, elle m’a peut-être envoyé un message, mon téléphone était déchargé cet après-midi, je ne m’en suis aperçue qu’en rentrant ?

LUI – Et bien bravo, mère indigne ! Mais attends un peu, une soirée sans enfant, ça fait longtemps que cela ne nous est pas arrivé ! De mémoire, c’était, attend ? (il s’installe sur le canapé après avoir récupéré son ordinateur dans sa sacoche et le pause sur la table

ELLE – Il y a 2 jours exactement ! Un tête à tête en vieux amoureux que nous sommes, mémorable soirée devant Netflix et Happy End sage cote à cote devant un bouquin ! Va falloir s’habituer, Doudou !

LUI – Vieux, vieux ! Tout de suite les grands mots ! Parle pour toi, je me sens de plus en plus jeune dans mon ma tête, et ne suis-je pas au sommet de mon pouvoir de séduction, avec mes cheveux grisonnants et mon aura de quinqua solide et rassurant ?

ELLE – Ouh la ! Ouh la ! Tu m’affoles, je file tout de suite dans la salle de bain ma faire une beauté, enfiler ma nuisette en soie rouge et mes escarpins dorés de 16 centimètres de talon, et je t’attends lascive, sur la table de la cuisine, au milieu des épluchures de pomme de terre ?

LUI se relevant d’un bond et l’enlaçant, imitant la voix de Pierre Marielle – Le grand jeu ma belle ! Et je file même me raser, si tu me fais des lasagnes à la brousse, fais sauter le bouchon de Lambrusco ! (une pichenette sur les fesses de sa femme, ils s’embrassent, gros baiser à pleine bouche de vieux amants)

ELLE – C’est vrai que tu piques ! Lambrusco, je suis d’accord, il y a une bouteille au frais, pour le reste (se détachant de lui), ce sera soupe de légume et salade mexicaine ! Tes triglycérides, Doudou ! (grimace mutuelle)

LUI – Oh, mais j’adore ta soupe de légumes ! Maison ?

ELLE – Tout y l’ai fait à la casa, par la Mama ! Si si !

Il se réinstalle devant son ordinateur, elle part dans la cuisine.

LUI – Et ta fille, tu as une idée de ce qui lui arrive ?

ELLE du fond de la cuisine – Non, enfin, ça doit être encore des chinoiseries de fille, avec ses copines, ou son dernier petit copain, dont elle est raide amoureuse, cependant, enfin, il me semble ?

LUI allumant son ordinateur– Tu le connais ? Il est comment ?

ELLE du fond de la cuisine – Oui, je t’en ai parlé, tu ne m’écoutes jamais, je les ai croisés ensemble en ville, elle avait les yeux tout pétillants et n’arrêtait pas de minauder devant lui  ? J’avoue qu’il est charmant, dans le genre Ulk ou Shrek, je lui ai trouvé le teint bien vert !

LUI qui ne l’écoute visiblement plus– Mmm, Mmm

ELLE du fond de la cuisine – De la prestance ce garçon, elle a bon goût notre fille !

LUI – Mmm, Mmm…. Je ne t’écoute plus ! Femme, cuisine ! Et n’en profite pas pour raconter n’importe quoi !

RIDEAU

 

Acte 2

Cuisine, elle est sortie sur le balcon et rentre, son téléphone à la main, le pose sur la table, s’assoit, elle a l’air un peu sonnée, baisse la tête et la prend entre ses mains, long soupir. Se relève brutalement, lève les yeux au ciel, attrape un économe sur la table, au milieu des épluchures de légumes, et se met à invectiver le ciel.

  • Il fallait qu’il nous arrive ça aussi ? Hein toi là-haut ? Si tu existes ? Tu pourrais une fois de temps en temps nous accorder un peu de répit ?

Elle marche de long en large, marmonnant dans sa barbe, en agitant son économe en tous sens.

  • Oui, je lui ai dit de le garder ! Même si c’est une folie ! Elle plante l’économe dans un poivron au milieu de la table. Même si elle est trop jeune… Oui je lui ai dit que je l’aiderai ! Mais c’est parce que je ne veux pas que ma petite fille avorte ! Elle s’effondre et s’assoit par terre, bras ballants sur les côtés, elle essuie une larme sur sa joue. Ma petite fille a un petit bébé qui pousse dans son ventre ! Un concentré de bonheur en germe ! Un concentré de problèmes sans fin pour elle et lui ?

Elle se relève d’un bond, rageuse et se remet à déamabuler dans la cuisine. 

  • Bon sang, mais qu’est-ce quelles ont dans la tête les filles ? A quoi ça sert toutes leurs années d’études, toutes les mises en garde de leur mère ? A rien, nada, que pouick, le moindre beau mec qui les fait un tant soit peu vibrer, et vlan, et un polichinelle dans le tiroir, comme disait ma grand-mère ! Tu vois, Mamie, elles changent pas les filles, et les hommes aussi, à se carapater illico presto sous prétexte « qu’ils ne sont pas prêts, qu’ils ne sont pas assez murs», de toute façon il faut attendre 50 ans avant qu’ils murissent un peu ! Oublier sa pilule, je rêve, même pas un préservatif ! « Mais Maman, tu comprends, on avait fait le test, et puis on s’aimait !! on s’était dit qu’on voulait des enfants, plein d’enfants ! » Une licence en droit et même pas capable de reconnaître le type qui à la moindre complication ira voir si le ciel n’est pas clair ailleurs ?

Prend le public à témoin

  • Comment je vais expliquer ça à son père, moi, Amandine elle me refile toujours la patate chaude, et à moi de la transformer en quelque chose de digeste pour son père !

Songeuse

  • Faut pas que je lui dise que je lui ai conseillé de la garder. Il ne comprendrai pas… Ou peut-être qu’il comprendrait trop bien ? Je sais, je le sais au fond de moi, à mon âge, on ne se la raconte plus, on sait où il faut fouiller en soi pour se dire ses quatre vérités, que ce n’est pas pour elle que je veut qu’elle le garde, c’est pour toi que tu le veux ce petit qu’il me dira ! Il le sait que j’ai envies de fourrer mon nez dans un petit cou tout chaud, de respirer des odeurs laiteuses et de savon pour bébé, de les manger de baisers ces joues rebondies et de glisser mon doigt dans leur toutes petites mains pour qu’ils s’accrochent à moi, pauvre vieille femme qui espère ainsi retrouver l’élan vital primitif après avoir trop couru après tant de chimères, à ses cotés , mais souvent en bon petit soldat experte en sacrifices, laborieuse, toujours. Il me le dira, mon homme, mon compagnon, que je déconne !

Elle retourne s’assoir. Semble très fatiguée.

  • Faut la rappeler, ensemble, faut que lui dise. C’est à elle de choisir, et nous à l’accompagner, c’est tout ! Et si par bonheur, elle le garde, je veillerai à rester à ma place, Mamie ! Une Mamie gâteuse, mais juste une Mamie !

Elle ouvre le frigo, sort la bouteille de Lambrusco, se ressert un verre et bois une gorgée. Elle souffle un grand coup, se redresse.

  • Doudou, tu as bientôt terminé ta partie ? Je viens d’avoir Amandine, vient faut que je t’explique, et qu’on la rappelle ensemble, rien de très grave, enfin, compliqué quand même, mais pas forcément grave, faut qu’on l’aide à prendre une décision, mais en même temps c’est à elle de décider. Je te ressers un verre de Lambrusco, les bulles ça aide parfois, c’est léger les bulles !

Isabelle DC.

 

L’amour sans équivoque

Rideau. Un banc, des plantes, un lampadaire. Musique : Casanova de « Rondo Veneziano » en fond.

Sophia, grande brune, chignon serré, lunettes rectangulaires, pantalon de toile et caraco en soie.

Morgane, cheveux châtain effet décoiffée, robe bleue et sac cabas jaune.

Elles sont assises sur ce banc et semble discuter.

Levée de rideau, la musique s’arrête lentement et fondu de lumière sur elles.

 

Acte 1

SOPHIA : Tu sais ma douce, si tu essayais parfois de te voir comme je te vois. Tu cesserais tes questions plus inutiles que stupides. Tu es aussi belle que le premier rayon du soleil qui se lève et aussi délicate que la rosée du matin sur un pétale de rose.

MORGANE : (Lève les yeux au ciel). Oh, Sophia, Sophia. Tu dis de jolis mots, ça forme de jolies phrases, mais ça ne me rend pas forcément jolie tu sais !

SOPHIA : Et pourtant tu es si belle … (regard langoureux)

MORGANE : Oui, oui, bien sûr ! (trifouille dans son sac) Au fait, je voulais te les montrer … enfin ! Je les ai ; quelque part dans tout ce fourbis (cherche frénétiquement). Arrrgh ! Mais où sont-elles ?

SOPHIA : Tu les as ? C’est vrai ? Mais on devait y aller ensemble ?

MORGANE : Je sais, mais je suis passée devant ; alors … De toute façon, quelle importance ? L’essentiel c’est de les avoir non ? Tu veux les voir ou pas ?

SOPHIA : Mais quelle question ?! Evidemment, allez montre !

(Morgane extirpe une enveloppe de son sac et la donne à Morgane)

SOPHIA : Oh qu’elles sont belles ! Regarde celle-là. Tu as vu comme nos mains s’enlacent ? Et celle-ci ? Nos regards sont intenses non ? Je pense que nous avons trouvé LA photo. Qu’en penses –tu ?

MORGANE : Oui, tu as raison. Elles sont tellement « réelles » ? On dirait que nos gestes, nos expressions ont été sublimées. Ce photographe est un vrai magicien. Et tu avais raison, la simplicité paie. Cependant, tu ne penses pas que c’est un peu trop ?

SOPHIA : Trop de quoi ?

MORGANE : Tout cet étalage de bonheur. C’est déjà compliqué pour un couple « normal » d’afficher son amour alors pour nous …

SOPHIA : Morgane, tu penses vraiment que tu vas trouver la paix et la sérénité avec des non-dits ? Tu penses vraiment que parce qu’on ne se montre pas les gens autour de nous ne parle pas ? On vit au milieu d’une époque qui se veut moderne et ouverte mais on sait bien que c’est faux. Je n’irai pas chercher mes sourires et ma tendresse auprès des personnes qui ne me tolèrent pas. Ah ça non !

MORGANE : Je sais que tu as raison ma chérie. Mais j’ai grandi dans une famille catholique pratiquante. Ce n’est pas tant le choc que j’ai causé à mes proches que les dogmes implantés profondément en moi qui me tétanisent.

SOPHIA : Oui, je le sais bien. Mais l’adage « pour vivre heureux vivons caché » n’est pas à prendre au pied de la lettre.

(Lumières tamisées jusqu’à disparaitre. Même musique qu’au début. Morgane quitte la scène) – RIDEAU

 

Acte 2

(Musique qui s’arrête, la lumière revient progressivement, levée de rideau, Sophia est debout près du banc)

SOPHIA : Après tout, ce n’est pas le mot « caché » qu’il faut entendre mais « vivre », ou encore « heureux ». Se cacher signifie seulement s’isoler des personnes néfastes dans nos vies. Les jalouses, les hypocrites, les malintentionnées, les lugubres, broyeurs de noir, les malveillants, les exclusifs, les nuisibles. C’est voir au-delà des méchancetés gratuites et de l’imbécilité. Les gens sont ignorants et l’ignorance emmène la peur. Ce n’est pas que je les excuse mais je les comprends. Ma douce Morgane a subit tellement d’humiliation, de vexation et de peine qu’elle pourrait avoir du ressentiment. Mais il n’en n’est rien. Elle n’est que douceur et gentillesse. Elle voit toujours le bon chez l’autre. Quant à moi, je suis une optimiste. Je vois le verre à moitié plein. Et l’autre moitié, ce n’est pas qu’elle n’a pas existé, c’est qu’elle a été consommé. Et j’ose à croire, consommé par l’amour et la tendresse. Par le partage et l’échange. C’est notre crédo. Tout ce qu’on peut espérer, c’est que nos proches puisse un jour se rendre compte que le plus important dans la vie c’est d’aimer afin de pouvoir, peut-être, un jour provoqué l’amour à son tour …

(Musique qui reprend, lumière se baisse) Tombée de rideau

Levée de rideau – Musiques, toutes lumières, Sophia et Morgane sur scène, remerciements …

Sandra R.

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